Inocență răvăsită

Strunindu-și arcul cu migală,

Săgeata-i gata să țâșnească 

Sfidând chiar brațul ce îl poartă 

Căci gândul iute la iubire,

Inc-o inimă vrea să străpungă. 

Dintr-o pădure în depărtare,

Apare Artemis, cu-a ei tolbă,

Lucire a zorilor de ziuă.

Și rana purpurie pare 

Dar și săgeata ruptă-n două,

Migala ascunde o sfială 

O arătare suspină-n zare. 

Divinitatea se revoltă

Căci sufletu-i atins de lacrimi

Uitate de o veșnicie

Și trupu-i leneș, încins de roșu 

Un ascuțiș de vârf-l străbate. 

Chagrin déchiré

Quelle joie m’étrangle le cœur?!

Serait-il le bonheur

Serait-il le malheur,

Ou simplement, le malbonheur ?!


Et pourtant, on essaie d’y survivre

vivre sans ramper pour autant…

Et la plupart du temps, on fait que vivoter.

Ou déchiré dans l’écho d’exister pour quelqu’un,


Ainsi parla la séductrice, son défi au bout des rêves…

Enchanteresse des âmes perdues…

Et le chasseur devint la proie de son instinct

Oh, Circé, exquise créature…

Ce fût la fin, ou tout commencera…

Porți întredeschise spre iubire

Părea doar un mesaj trimis pe fugă

Între două telefoane

O întrebare inocentă strecurată printre rânduri

Și mii de fire nevăzute au-nceput deja croiala

Unei pânze de mătase peste sufletul flămând

De-o iubire trecătoare

ce-ar putea să fie tristă,

Și ce-aștepta cu dor de ducă

Sa se întrupeze iarăși în amurg,

O poartă fusese întredeschisă.


Totul începuse ca o joacă răsărită

Din neantul plictiselii sau din roua dimineții,

I se așezase-n poale, cu candoare și stupoarea

Privitorilor din jur, îndrăgostiți de ea, Sofia,

Un sărut venit pe fugă

Se opri pe obrazul înroșit

El rămase fără voce

Împietrit și zguduit

De ceea ce-ar putea să-apară din senin,

Sufletul se speriase căci deodată, pe negândite

Inc-o poartă se ivise

Și el nefiind de veghe

S-a pierdut în nesimțire

Și pradă ispitei căzu.

Înger demon, nevăzut.

O zburătoare

Plouă cu găleata
Văzduhurile s-au încins
Un dor nebun de viață
Mă arde din rărunchi
Și în vâltoarea ploii
Apare-o arătare,
O șturlubatică pestriță
Se prinde-n hora diafană,
A stropilor cernuți
Prin sita zorilor de ziuă
Un curcubeu dispare
Într-un tumult de șoapte
Rostite pe-ascuns,
Nostalgică poveste
De-odinioară ori de demult,
Ce-a fost și de-ar mai fi să fie…

I had a dream (vous pouvez l’appeler un vœux pieux).

I had a dream (vous pouvez l’appeler un vœux pieux).

Il se faisait que M. Poutine a arrêté unilatéralement la guerre en Ukraine et il a donné un décret présidentiel qui prévoit :

– tous les référendums (en Crimée et dans les autres régions d’Ukraine occupées par l’armée russe) seront refaits dans des conditions transparentes sous l’égide de l’ONU/ OSCE (ou tout autre organisme indépendant). La décision de la majorité des citoyens vivant dans ces régions sera acceptée par les deux pays.

– l’effort d’après-guerre (pour la reconstruction complète des régions détruites) sera entièrement couvert par les personnes les plus riches de Russie (le président donnant l’exemple) qui vont céder au moins la moitié de leur richesse.

– un fond souverain sera créé en suivant le modèle norvégien pour que tous les bénéfices obtenus de l’exploitation du pétrole et du gaz russe reviennent aux Russes.

– de nouvelles élections seront déclenchées en Russie dans un intervalle de temps raisonnable.

Tout cela aura le support sans faille (politique et économique) de toute la communauté internationale.

Utopique, probablement oui.

Ou un moyen tellement incroyable (que cela pourrait marcher) de sortir de cette impasse et surtout sans rester dans l’histoire comme celui qui pourrait déclencher l’Apocalypse (l’épouvantail privilégié par celui qui fût un temps un porteur d’espoir du libéralisme en Russie et aujourd’hui devenu son plus âpre ennemi, ou peut-être que le masque est simplement tombé, à savoir, M. Medvedev).

PS A condition que M. Poutine lise ce texte. Il faut toujours rêver.

(Dor de-o) Noapte de Sânziene

Este noaptea în care pentru un crâmpei de lumină

Furat Timpului, o picătură scursă din veșnicie

Învăluită în fascinația curcubeului de vară întârziată,

Cerurile se întredeschid,

Și deși ar fi putut să fie un moment de fericire neîntinată,

Revărsată în căușul unor inimi prea pline de nimicurile vieții

Poarta rămâne ferecată.

O poartă a sufletelor neîmperecheate, dezlipite din Întreg,

Suflete ce rătăcesc, căutându-se în negăsire,

Și dincolo de nori, ca o nălucă plăpândă

O umbră a unei iubiri ce ar fi putut să fie.

Se furișează în roua zorilor de ziuă.

Un dor neîmplinit!

Révérence à la Femme, hymne à l’Amour

Tu nous ensorcelles un jour,
Tu nous libères, un autre,
Le jour suivant, nous remettons les chaînes.
Dans notre cage, pauvres heureux, au cœur serré,
En attendant la grâce.
D’une tendre main, d’un doux sourire.
Que du bonheur à (p)rendre.
Pourquoi un jour à célébrer
Quand toute l’Eternité nous guette…
un paradis perdu au coin d’un rêve.

Joaca de-a iubirea

Iubirea, iubirea e ca o joacă

O joacă a sufletelor mistuite

De îmbrățișarea Eternității regăsite.

Iar despărțirea, despărțirea e trăită ca o rupere din carnea Întregului.

Ce inimă slabă și trădătoare

A fost de-ajuns un cântec sau o voce,

Poate un declic al răzbunării iubirii îngropate peste vieți

Ca zidurile create cu migală timp de un amar de ani

Să se crape și torente de emoții înlănțuite să-mi sfâșie sufletul

Și să-ți cer ajutor

Iartă-mă pentru aceasta necuviință

Le voi închide iarăși în temnița cuvintelor interzise

Torente de lacrimi nerostite.

Uitare de sine

Am încercat să te uit

Crede-mă c-am făcut tot posibilul

Și uneori dincolo de el,

Mi-am ferecat chiar și sufletul

Cu riscul de a-l pierde

Pentru-ntotdeauna

În neființa supraviețuirii

Și a convențiilor lumești

Dar ai revenit mereu

Fie să-mi bântui visele

Sau să-mi furi liniștea zilei

Te priveam învăluită de cuvintele neîmpărtășite

De teama de a te pierde din nou

Și după atâtea chinuiri

Nu realizasem că uitasem

Care este numele meu

Quand un rêve fait un bisou

Nous sommes en guerre depuis plus d’un an (ou depuis une éternité qui n’en finit plus) contre un ennemi pervers et sans scrupules qui s’est agrippé à notre désir de vivre (ou de vivoter) avec les crocs d’une fée-sorcière moche et méchante envoyée aux oubliettes trop tôt et jamais invitée aux moments de fête. Et sa soif de vengeance est d’autant plus forte et à la mesure de sa rancune. Ses attaques sont d’une violence inouïe et sans merci, en se prenant au principe même de l’humanité civilisée, de toujours prendre soin de nos aïeuls ou de ceux plus faibles (bien souvent envoyés eux aussi aux Ephémères quand le temps nous manque pour nous en occuper).

Pire que ça, il nous fait oublier notre besoin d’aimer et la conscience bienpensante s’installe durablement sur nos âmes bienveillantes. La contagion se propage tellement vite, plus vite que le vol d’un bisou clandestin. On est allés jusqu’à emprisonner les bisous ou carrément masquer leurs porteurs. Toute une armée pédagogique s’est mise en ordre de marche de manière vertigineuse dans les arènes médiatiques ou celles virtuelles-esseulées communes afin de faire preuve de solidarité et de montrer notre pensée forte pour le prochain…sur la liste (tant que l’écran nous sépare), tout en essayant de dissimuler notre propre crainte de l’inconnu (avec le pressenti de la douleur), tout en oubliant (ou s’interdisant de le sentir) les simples plaisirs de la vie et de plus tendre la main à quelqu’un qui tombe dans la rue.

D’autres vont même au-delà de leur compréhension et s’imaginent un complot universel mis en scène par les Tout-puissants de ce monde et se mettent en ordre de bataille contre le Système qui a engendré un tel monstre. Epuisés, ils se résignent à bivouaquer sur leurs sofas coûte que coûte…   

A la fin, nous sommes tous impuissants et en attente d’un remède miracle afin de venir au bout de notre souffrance. Toutes les forces du Bien se sont mis en action et ils ont concocté en un rien de temps la potion magique tant espérée pour notre délivrance. L’espoir évadé de la boite il y a longtemps s’est répandu en son de fanfare annonçant enfin la victoire. Tous attendent la piqure immortelle avec les larmes aux yeux et l’esprit déjà ailleurs, probablement aux prochaines aventures Club Med, une fois échappés de l’emprise de cette créature (heureux possesseurs du passepartout universel).   

Mais l’ennemi a plus d’un tour en dessous de sa carapace ; dès qu’on a cru le tenir, il commence à se transmuter en d’autres confrères encore plus féroces et bien plus insidieux, immunisés contre l’antidote ultime et cela tourne en boucle.  

Que faire alors ? On s’enterre dans la routine et on continue la guerre dans nos tranchés sans même réaliser notre mue naissante…, les nouveaux éphémères virevoltant autour de la lumière ?

Et si un rêve se met à nous faire un bisou pour nous libérer de nos angoisses (soit à la recherche du paradis perdu, soit en proie au bonheur instantané) et enfin revivre tout en acceptant qu’un jour nos proches vont s’en aller et qu’ensuite ce sera notre tour. Qui sait si nos petits moments de bonheur partagés ici (et peut-être dans l’au-delà) n’aient pas l’effet balsamique tant désiré.